Tourisme Charlevoix

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12 mai 2021Sarah-Émilie Nault

La fierté du grain à la bouteille

Plantée entre le fleuve et les montagnes charlevoisiennes, la distillerie et brasserie Menaud se fait un point d’honneur de célébrer sa belle région.

La salle de dégustation se fait moderne avec son allure industrielle. Pourtant, tout ce qui compose la distillerie-brasserie Menaud est rempli de chaleur. Sur place, l’ambiance est détendue et les propriétaires sont chaleureux et enjoués. Derrière le bar, on retrouve les magnifiques bouteilles de gin et de vodka au design soigné qui ont fait la marque de Menaud auprès des amateurs de spiritueux dans les deux dernières années. Les visiteurs sont nombreux à se déplacer dans ce quartier industriel de Clermont, à proximité de La Malbaie, pour se procurer les prisés produits.

La genèse de l’entreprise est résumée ainsi par ses fondateurs : le nom est un clin d’œil au roman Menaud, maître-draveur écrit à Charlevoix et la brasserie s’en inspire en célébrant sa région dans ses produits artisanaux et locaux, créés avec la philosophie “du grain à la bouteille”. L’équipe produit fièrement son alcool à 95 % local, en collaborant avec divers producteurs voisins et en faisant pousser son propre houblon à la brasserie.

« À l’image du personnage de Menaud, on est des artisans, explique l’un des fondateurs Enrico Bouchard. On est des maîtres-brasseurs, des maîtres-distillateurs. Menaud, dans l’histoire du livre, défendait grandement la région contre les enquêteurs. Nous, on utilise tout ce que Menaud a défendu. On utilise tout de la région, jusqu’à ses terres agricoles qui ont été protégées. On cherchait un nom qui reflétait notre identité charlevoisienne. »

Charlevoix-Menaud-credit-Simon-Jodoin-020720-007 Photo : Enrico Bouchard, Charles Boissonneau et Martin Brisson, photo Simon Jodoin

Ce sont cinq amis et associés qui ont mené à terme cette vision d’une distillerie et d’une brasserie sous un même toit : Martin Brisson, un sculpteur ayant pris en charge la distillation ; Enrico Bouchard, un ingénieur qui a conçu les plans ; Charles Boissonneau, responsable de la superbe image de marque; en plus de Grégoire Bluteau et de Gilles Brouard. Une chose était claire : les gens devaient se sentir bien accueillis.

« Au départ, on voulait un endroit où on pouvait faire visiter les installations, explique Martin. Le salon de dégustation offre une vue sur les alambics – c’est de toute beauté ! – alors les gens voient le bel équipement, peuvent faire une visite guidée et boire leur bière à l’extérieur sur notre terrasse. » En sirotant la rafraîchissante Amarillo aux notes de mangue ou encore la Persil concoctée de plantes de L’Isle-aux-Coudres, on peut admirer les plants de houblon grandissants.

Charlevoix-Menaud-credit-Simon-Jodoin-020720-003 Photo : Simon Jodoin

Si c’est du whisky que le groupe avait envie de produire au départ (ça viendra, promet-on, dans quelques années), c’est vers la vodka, le gin et la bière que Menaud s’est tourné. Des boissons qui ont une qualité bien douce en commun : le souci et la fierté d’être ancrés dans leur terre natale.

 

Bien de chez nous

« L’esprit de départ est d’utiliser un maximum de produits du terroir dans nos concoctions, ajoute Martin Brisson. Pour développer les spiritueux, on a pris une entente avec la famille Harvey de L’Isle-aux-Coudres. Ce sont les champs qui sont labourés par Louis dans le film de Pierre Perreault Pour la suite du monde et qui appartiennent désormais à ses petits-fils. On y fait pousser notre blé, notre seigle et notre orge. »

C’est l’eau salée et le sol calcaire (provenant d’une météorite !) propice à l’agriculture de l’Isle-aux-Coudres qui ont séduit le groupe aux idées avant-gardistes. « On se disait : “il va y avoir quelque chose de particulier dans ces céréales-là” et ça s’est avéré exact. »

Charlevoix-Menaud-credit-Simon-Jodoin-020720-008 Photo : Simon Jodoin

Souhaitant éviter de dénaturer ses céréales aux goûts précis, l’équipe de Menaud a opté pour un mélange blé-seigle naturellement goûteux. C’est à partir de ces grains des champs qu’est produit l’alcool voué à être transformé en gin, en vodka (filtrée) ou en liqueur.

Les mixtures, les recettes de bières, les spiritueux ; ce qui y est produit jouit d’inspirants apports de producteurs de Charlevoix devenus de fiers partenaires. Un enracinement à la terre charlevoisienne qui n’est pas nouveau.

« Ça a été très important au début de ma carrière de sculpteur et c’est toujours resté, ajoute l’artiste-brasseur. En sculpture, je travaille le bois et la pierre du Québec, mon acier est récupéré des chantiers navals de Charlevoix. Dans Menaud, ç’a été le même procédé, chacun de mes associés a cet esprit-là. On a développé un sentiment de fierté par rapport à ce qu’on fait et ce qu’on produit. »

Charlevoix-Menaud-credit-Simon-Jodoin-020720-009 Photo : Un petit alambic dans lequel Martin Brisson teste des recettes, photo Simon Jodoin

Ce sentiment est partagé par les autres producteurs, agriculteurs et artisans de la région qui s’affichent et invitent davantage les gens à les visiter.

« Menaud, c’est un cheval fou qu’on essaie de tenir en bride pour le contrôler, mais c’est super stimulant parce que ça marche et les gens apprécient, ajoute Martin. Alors on continue de développer des produits, à mettre en marché des boissons originales. On a de nouveaux spiritueux qui s’en viennent, du whisky, plusieurs projets de liqueurs, de l’absinthe et d’autres prêts-à-boire et des bières en développement. »

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