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29 octobre 2021Tourisme Charlevoix

La Possédée de Saint-Irénée

Il y a, dans Charlevoix, des légendes de lieux hantés, de loups-garous et d’enquêtes paranormales. Certaines se sont propagées entre les branches, d’autres sont inspirées de faits vécus… Asseyez-vous confortablement et éteignez vos lumières! On vous raconte aujourd’hui, pour notre spécial Halloween, l’intrigante histoire de la Possédée de Saint-Irénée, dont les plus âgés se souviennent et que certains ont peut-être même côtoyé…

C’est l’histoire d’une certaine Gabrielle, qui a passé une partie de son adolescence, entre les années 1940 et 1950 à Saint-Irénée, village magnifique et en relief longeant le fleuve, entre Les Éboulements et La Malbaie.

Vue de Saint-Irénée Photo : Collection Société d'histoire de Charlevoix

Tout a commencé quand la jeune femme est envoyée vivre chez ses deux tantes parce que ses parents, pauvres, peinent à subvenir aux besoins de leurs nombreux enfants. Ses tantes, qui habitaient une maison qui existe encore aujourd’hui, étaient appelées les « tourtes » par les habitants. Toujours vêtues de noir, on leur trouvait des ressemblances avec cet oiseau foncé, maintenant éteint. Très pieuses, elles priaient du matin au soir, chapelet à la main et elles ne manquaient pas une seule messe. Une dévotion hautement méprisée par leur nièce, qui détestait la religion. Gabrielle refusait catégoriquement d’aller à l’église. La jeune fille, alors âgée d’une quinzaine d’années, était bien malheureuse dans son nouveau foyer.

Halloween Charlevoix

On se mit alors à raconter que la jeune fille n’était pas tout à fait normale. Dans le petit village de Saint-Irénée, les rumeurs et les ragots à son égard étaient bien populaires. Puis, des témoins ont commencé à raconter certaines choses. On a affirmé que des bruits étranges se produisaient en présence de l’adolescente, comme des grattements sous les lits ou des bruits de chaines au sous-sol. Des villageois ont même juré avoir vu une livre de beurre voler dans les airs avant de s’écraser dans une fenêtre. Un voisin aurait tenté d’attraper un oreiller qui s’était soulevé du lit, comme par magie. Les tantes sont terrorisées et craignent le pire : Gabrielle est possédée par les forces du mal.

Évidemment, on fait appel au curé du village, prenant la situation très au sérieux, il informe le Diocèse qu’une jeune femme est possédée à Saint-Irénée, dans Charlevoix, et d’autres prêtres viennent prêter main-forte. Pendant deux ans, les étranges manifestations se poursuivent. Les lits bougent, les tablent remuent toutes seules et les chapelets disparaissent ou ils sont projetés au loin. Un vicaire est envoyé sur les lieux pour prononcer des prières d’exorcisme contre le diable, mais en vain. On raconte aussi qu’un curé n’aurait pas réussi à faire avancer Gabrielle sur un chemin de croix durant lequel il la tenait par la main. L’adolescente est finalement prise en pension dans une autre résidence de Saint-Irénée et six mois passent sans qu’aucun phénomène inexpliqué ne se produise.

Gabrielle fit alors la connaissance d’un bel étranger, un homme « propre » et qui « paraissait bien ». Il l’épousa et on ne les revus plus jamais dans Charlevoix. Selon certains, le diable était venu la chercher. D’autres affirment que le visiteur était simplement un homme instruit qui a choisi de déménager avec sa belle. Depuis ce temps, l’histoire ne rapporte aucun autre événement surnaturel dans cette résidence de Saint-Irénée.

alaindassylva-Instagram-3435-ig-17921309602775552 Photo : @alaindassylva via Instagram

Cette légende a été documentée par le curé de la paroisse de l’époque. Ces écrits véritables ont été consultés et rapportés par l’historien Serge Gauthier dans l’ouvrage « Contes, Légendes et Récits de Charlevoix ».

 

Source : Contes, Légendes et Récits de Charlevoix, Notre-Dame-des-Neiges, Éditions Trois-Pistoles, 2009. 344 p.

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