Tourisme Charlevoix

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13 septembre 2022Lisa Marie Lacasse

L’ABC du sauvetage en milieu éloigné

La randonnée pédestre est connue comme une activité de plein air accessible à tous et pour tous les niveaux de forme physique. Sans démentir cette croyance puisqu’il est vrai qu’il existe des sentiers adaptés à tout un chacun, il faut par ailleurs insister sur la responsabilité des marcheurs. En effet, le premier responsable de sa sécurité est soi-même et ceci s’applique autant dans la vie de tous les jours que dans la pratique d’une activité physique, spécialement en nature. Celle-ci peut s’avérer surprenante, déstabilisante et même dangereuse lorsqu’un individu n’est pas préparé à y faire face adéquatement.

Notre belle région étant reconnue comme un joyau de la randonnée et attirant des marcheurs de partout, elle doit également composer avec les risques qui y sont associés. Chaque année, des gens ont recours aux services d’urgence régionaux, requérant un sauvetage en milieu éloigné.

PRSF_2800x1440 Photo : Tourisme Charlevoix

Comment s’entreprend un sauvetage en milieu éloigné?

Lorsqu’un marcheur en détresse, perdu ou blessé compose le 911 pour obtenir de l’aide, c’est l’équipe TNO (territoire non organisé) de la MRC dans laquelle où il se trouve qui répond à l’appel. Passant par la centrale d’incendie, ce sont donc des pompiers répondants qui se mobilisent pour venir en aide aux personnes en difficulté. Tout dépendant de leur position, l’accès en VTT est parfois possible, ce qui facilite grandement le travail. La plupart du temps, on doit toutefois rejoindre la victime à la marche et le retour se fait de la même façon, muni d’un harnais. La victime est alors transportée à l’aide d’une civière de type « panier », celle-ci étant portée à bras par les sauveteurs. Bien entendu, cette technique est extrêmement exigeante pour les sauveteurs, alors que les sentiers accentuent le défi, étant souvent trop étroits pour le convoi de trois personnes de large nécessaire à transporter la civière. Et ce, sans compter les roches, les obstacles, la chaleur, la pluie, le froid ou tout autre facteur venant accentuer la difficulté de la manœuvre.

Nos héros : les sauveteurs ont eux aussi des limites

Il est important de savoir que les sauveteurs répondant à ces appels d’urgence ne sont pas en service lorsque la demande est faite. En région, un appel au 911 qui nécessite un sauvetage est transféré à la centrale d’incendie. Celle-ci dispose d’une équipe dont les membres sont sur appel et qui, pour la plupart, ont un autre emploi ou occupations quotidiennes. Laissant tout de côté pour opérer le sauvetage, un certain délai est à prendre en compte. Autre fait intéressant : lorsqu’une équipe de pompiers répondants part en mission de sauvetage, ceci occasionne une découverture des services d’incendie pour la région visée pour un moment. À chaque opération, la centrale avise les municipalités voisines afin que celles-ci soient prêtes à aider en cas d’un incendie qui surviendrait au même moment.

Ces héros, qui partent à toute heure du jour ou de la nuit à la rescousse d’autrui, ne sont pas nécessairement des athlètes de calibre olympique, bien que ces opérations puissent s’avérer excessivement exigeantes au niveau physique. Ce sont des gens de tous les âges, dont l’altruisme est leur plus grande force. Le randonneur doit donc être en mesure d’analyser ses difficultés et de ne pas appeler les services d’urgence par grande fatigue ou désespoir. Il peut parfois être difficile de faire preuve de discernement lorsqu’on est à bout de ressource et c’est pourquoi la préparation à une randonnée est la meilleure façon d’éviter ce genre de désagrément.

Eboul_2800x1440 Photo : Francis Gagnon

Les 7 prémisses de base afin d’éviter ce genre de situation

1 | Évaluez votre condition et choisissez la bonne randonnée selon votre forme physique

2 | Soyez équipé

  • Porter des bottes de marche, elles sont essentielles pour prévenir les chevilles foulées, alors que les sentiers comportent plusieurs risques et obstacles;
  • Apporter une trousse de premiers soins de base;
  • Prévoir suffisamment d’eau pour la distance à parcourir. En plus des bouteilles, glissez des pastilles qui décontaminent l’eau dans votre sac.

3 | Laissez l’orgueil à la maison

Personne n’est forcé de compléter son ascension ou sa randonnée! Réaliser que c’est trop difficile pour sa capacité ou que les conditions, comme la chaleur par exemple, ne le permettent pas, c’est loin d’être une défaite. Au contraire, cela démontre un excellent jugement et une bonne connaissance de soi.

4 | Ne sortez jamais seul et ne laissez jamais une personne seule pendant la randonnée, en plus d’aviser des proches d’où et quand vous partez à l’aventure

5 | Partez à l’aventure sur les heures d’ouverture de votre destination (alors que des équipes sont sur place) et demeurez dans les sentiers balisés

En plus d’être néfaste pour l’environnement, en sortant des balises en place, le temps de sauvetage sera forcément allongé alors qu’on sera plus difficile à retrouver!

6 | Sachez où vous êtes

Des applications de localisation sont disponibles en ce sens. Même sans réseau, on peut télécharger les cartes avant de partir à l’aventure et se localiser tout au long de la randonnée. On propose :

  • Avenza Maps (les cartes sont pour la plupart gratuites);
  • what3words : grâce à 3 mots partagés par l’application, les centrales d’urgence peuvent vous localiser.

7 | Soyez débrouillard

En nature (comme dans la vie!), il ne faut pas lancer la serviette trop rapidement. Faire preuve d’imagination, être astucieux et dégourdi vous servira certainement. Saviez-vous que dans plusieurs sentiers, des contenants de secours sont mis à la disposition des randonneurs, leur offrant du matériel de dépannage? Eh oui! Bâtons de marche, atèles et plus encore sont à la disposition de ceux qui auraient subi un bris d’équipement ou qui auraient besoin d’assistance matérielle afin d’aider à retourner au départ du sentier.

Sentier_2800x1440 Photo : Raphaël Bilodeau

Opération des plus coûteuses

Lorsque la sécurité d’un être humain entre en ligne de compte, on met bien sûr les questions de coûts de côté. En tant que randonneur, il est tout de même important d’être conscient des frais engendrés par une telle opération, afin d’être conscientisé sur la préparation à la randonnée et sur le motif derrière l’appel aux services d’urgence. En moyenne, un sauvetage de 3 ou 4 heures représente 5 000$ pour les contribuables de la MRC concernée. Ce budget est alloué principalement aux équipements utilisés et aux frais relatifs à la main-d’œuvre. Certaines opérations s’allongent parfois sur plus de 10 heures, dépendamment des conditions du moment et de l’endroit où se trouve la victime.

En conclusion, ce partage d’informations n’avait qu’un seul objectif : de vous accueillir et de partager avec vous toutes les splendeurs de notre territoire, et ce, en toute sécurité!

Photo : Ian Roberge
Photo : André-Olivier Lyra

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