« Je suis née à Saint-Aimé-des-Lacs dans Charlevoix. J’ai vécu toute mon enfance au bord du lac Brûlé. À l’époque, nous étions les seuls à y habiter en permanence. J’ai toujours aimé la vie de chalet. Ça doit être là, à Saint-Aimé, que j’ai appris à aimer vivre en retrait et à apprécier toutes les beautés qu’offre la vie en pleine nature.

À regret, je suis partie en exil à Québec durant dix ans le temps de compléter mes études. C’est là que mes enfants sont nés. Il y a dix ans, j’ai eu envie de revenir m’installer en permanence dans Charlevoix. Je cherchais une terre et j’ai trouvé… une érablière, à 4 kilomètres du village de Saint-Siméon. Je me trouve très chanceuse, car elles sont très rares dans la région. Comme elle manquait beaucoup d’amour, on lui en a donné plein. C’est aujourd’hui à la fois ma maison, mon gagne-pain et ma plus grande richesse.

Tous les jours, je me trouve privilégiée de pouvoir marcher sur mes terres et de vivre de mon travail d’acéricultrice. Chaque hiver, j’entaille près de 2 500 érables – et maintenant des bouleaux – et je transforme ensuite leur eau en sirop et autres petites merveilles. Toute l’année, je reçois ainsi plein de visite de partout. Les gens apprécient beaucoup Charlevoix autant que le savoir-faire et la passion de ceux qui l’habitent.

Quand on « sort du bois », j’aime aller me promener – même l’hiver – sur la plage de Saint-Siméon. Avec mes trois filles et mes deux chiens, on ne rate jamais une occasion de descendre à Port-au-Persil, encore aujourd’hui considéré comme l’un des plus beaux villages du Québec. Mes filles ont aujourd’hui 15 et 12 ans et ont déjà un attachement très profond pour Charlevoix. Elles seraient ma plus belle relève ».