Tourisme Charlevoix

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20 juillet 2021Charlotte Paquet

Savourer le terroir de Baie-Saint-Paul

Si un adage dit qu’on garde un homme par le ventre, Baie-Saint-Paul attire et retient les touristes par la panse, et sans discrimination sur le sexe. Ici, le tourisme gourmand prend tout son sens. Avis aux épicuriens, ou aux « épicurieux » tel qu’entendu sur place, c’est un voyage tout en découvertes et en dégustations qui vous attend. Les tentations ne manquent pas. Le visiteur a l’embarras du choix tant ce coin du Québec recèle de belles surprises. Avec le nombre élevé d’entreprises agroalimentaires dirigées par des gens passionnés et avides de partager leurs produits, mais aussi leurs rêves, on est bien servi.

Du mythique fromage Migneron de la Famille Migneron de Charlevoix au vin de tomate Omerto, en passant par la surprenante lavande culinaire d’Azulée et l’élevage d’oiseaux gibiers et de sangliers des Volières de Baie-Saint-Paul, un bon aperçu de ce que Baie-Saint-Paul propose est possible, même si c’est tellement plus.


 

Portrait d’une journée passée à sillonner un territoire fertile.

Premier arrêt: la Famille Migneron de Charlevoix et la dimension humaine

Véritable institution à Baie-Saint-Paul et dans tout Charlevoix, la Famille Migneron, spécialisée dans la production de fromage artisanal au lait de vache et au lait de brebis, poursuit son développement, tout en conservant précieusement la dimension humaine qui lui est si chère. Aujourd’hui, Alexandre Dufour a repris avec sa sœur Madeleine les rênes de l’entreprise fondée par leurs parents en 1994. Les idées ne leur manquent pas pour faire vivre à leurs visiteurs une expérience hors du commun, mais pas question de faire fi du côté artisanal de leur production fromagère.

Il y a près de sept ans, la Famille Migneron s’est lancée dans la production de vin biologique, avant d’ajouter plus récemment les spiritueux et l’eau-de-vie à base de lactosérum, connu aussi sous l’appellation petit-lait. C’est une façon de valoriser les rejets provenant du lait dans la fabrication du fromage. Un gin à base de lactosérum sera bientôt disponible.

Après son association avec un restaurateur pour l’ouverture du Faux Bergers voilà quelques années, l’entreprise franchit un pas de plus cet été pour le développement d’un volet expérientiel rattaché à un concept global. Il se concrétise par l’aménagement d’une aire de pique-nique pratiquement en plein pâturage permettant d’y savourer les produits disponibles au restaurant ou à la boutique dans un environnement sans pareil.

« Au-delà du fromage, les gens vont pouvoir acheter le stock, se faire un petit pique-nique dans un contexte un peu plus bucolique. Des aires à pique-nique, il y en a un peu partout, mais des aires à pique-nique sur le bord du champ avec les animaux qui sont là et les vignes, c’est un peu ça les nouveautés cette année », souligne Alexandre Dufour.

Photo : Charlotte Paquet

La Famille Migneron de Charlevoix se spécialise dans le fromage artisanal, mais fabrique aussi de l’eau-de-vie à base de lactosérum, communément appelé petit-lait.

Deuxième arrêt : Azulée, là où la lavande est reine

Azulée, c’est une fermette spécialisée dans la production biologique de lavande culinaire. C’est aussi un nom forgé par sa copropriétaire, Louise Vidricaire, à partir des noms azur, pour la couleur bleue de la lavande, et vallée, pour la vallée de la rivière du Gouffre où elle se trouve. Toute une découverte que celle de la lavande culinaire et de son mariage avec plusieurs mets, notamment le gâteau citron/lavande et la confiture bleuets/lavande. La propriétaire remet d’ailleurs aux gens « un rouleau de recettes éprouvées par les clients ».

L’entreprise a également développé des produits de bien-être non comestibles à base de lavande, notamment une bougie et de l’hydrolat, en l’occurrence une eau florale, sans oublier la lavande à sachet. Azulée, c’est aussi plusieurs cultures secondaires, notamment de mélisse, verveine, camomille, romarin, le thym et l’oseille. « L’oseille, c’est tellement bon avec le poisson », assure Louise Vidricaire, dont le timbre de voix et le discours créent une atmosphère tout qu’il y a de plus zen.

En 2020, pandémie oblige, une visite autoguidée du champ a été développée. La charmante propriétaire souhaite que les visiteurs qui s’arrêtent chez Azulée en repartent avec le souvenir d’un « moment exquis ».

Photo : Charlotte Paquet

Louise Vidricaire est l’âme d’Azulée, cette fermette de Baie-Saint-Paul spécialisée dans la culture de la lavande culinaire.

Troisième arrêt : Les Volières de Baie-Saint-Paul, plus que des oiseaux

Entreprise agroalimentaire, Les Volières de Baie-Saint-Paul font principalement de l’élevage de faisans, de pintades et de cailles (pour leurs œufs précisément), mais aussi celui de sangliers. Une visite permet de se familiariser avec les oiseaux, mais aussi avec les sangliers, ces bêtes un peu étranges qui, seulement avec le bout de leur nez, peuvent lever près de cinq fois leur poids corporel, affirme Jean-Sébastien Sauvageau, le grand patron.

Si les petites familles y trouvent leur compte puisque des activités s’adressent principalement aux enfants, que dire des gourmands avec l’important volet de transformation dans l’entreprise. Une gamme impressionnante d’une cinquantaine de produits est proposée, notamment la fameuse péperette de sanglier, une saucisse semi-séchée qu’on peut manger au bâton, et les oeufs de cailles frais ou marinés. Fait à noter, en 2020, en plein début de pandémie, les Volières ont doublé leurs ventes à leur boutique grâce à l’engouement des gens pour le tourisme gourmand.

Photo : Charlotte Paquet

En plus de faisans, de pintades, de cailles et d’autres oiseaux de la basse-cour, Les Volières de Baie-Saint-Paul, c’est aussi l’élevage d’un troupeau de 300 sangliers.

Quatrième arrêt : Omerto, quand la tomate se transforme en vin

Le Domaine de la Vallée du Bras propose l’Omerto, un produit unique sous la forme de vin fabriqué non pas à partir de raisin, mais bien de tomate, rien de moins.

Pascal Miche, un Belge d’origine installé au Québec depuis 25 ans, est le producteur passionné derrière l’Omerto, qui vient de fêter ses 10 ans d’existence le 21 juin. Grâce à ses 6 000 plants de tomates, provenant de six variétés ancestrales différentes du Québec, il embouteille annuellement 12 000 litres de vin certifié biologique. Le précieux liquide se transformera tantôt en cuvée « Sec » et tantôt en cuvée « Moelleux ». Du champ à la bouteille, neuf mois seront nécessaires, poursuit celui qui, avec Omerto, a voulu d’une certaine façon honorer la mémoire de son arrière-grand-père Omer, lui-même producteur de tomates.

Ce grand conteur qu’est Pascal Miche (dans les deux sens du terme pour celui qui fait 6,6 pieds) agrémentera d’ailleurs le passage des visiteurs chez lui par d’innombrables anecdotes savoureuses sur l’origine de son vin, mais aussi sur les grands moments qu’il a vécus grâce à lui. Évidemment, la dégustation est de mise pour quiconque s’arrête au domaine. Dégustation de différents vins, soit!, mais aussi de cocktails conçus à partir du fameux vin de tomate, dont l’Omerto Kobler qui, précise le producteur avec une pointe de fierté, a été servi à l’inauguration du Sommet du G7 dans Charlevoix en 2018. Quatre cocktails faits à base d’Omerto se retrouveront bientôt sur le marché sous la forme de cannettes. Quant au vin comme tel, il est disponible dans 135 succursales de la SAQ et dans celles où il n’y est pas encore, les clients peuvent en faire la demande, prévient Pascal Miche. « Il faut le demander, car on fait partie des produits du terroir ». Avec son bagou et la passion qui l’habite, Pascal Miche fait découvrir Omerto, son vin de tomate, à coups d’anecdotes toutes plus savoureuses les unes que les autres.

Photo : Charlotte Paquet

Avec son bagou et la passion qui l’habite, Pascal Miche fait découvrir Omerto, son vin de tomate, à coups d’anecdotes toutes plus savoureuses les unes que les autres.


8 bonnes raisons de découvrir Charlevoix Pure Laine

  1. Pour se remplir les yeux d’une panoplie de créations toutes plus jolies les unes que les autres.
  2. Pour repartir de l’atelier boutique avec peut-être une paire de chaussettes, un bonnet, un béret ou encore un foulard, un twist ou une pèlerine, entre autres choses.
  3. Parce que le retour vers les matériaux naturels, comme le lin, le chanvre et bien évidemment la laine, est bel et bien amorcé.
  4. Parce que la laine, c’est magique, en ce sens que c’est un régulateur de température, un isolant et un antibactérien.
  5. Parce que l’entreprise distribue très peu ses produits, qu’elle vend principalement à son atelier boutique de Baie-Saint-Paul et à celui du quartier Petit Champlain à Québec.
  6. Parce qu’elle a comme politique de demeurer artisanale et que ses employés participent à la production des créations à la hauteur de leur talent et leur capacité.
  7. Parce qu’elle récupère et valorise une matière, la toison de certaines races de moutons, qui, depuis de très nombreuses années, était jetée par les nombreux éleveurs de Charlevoix. Aujourd’hui, elle s’approvisionne un peu partout au Québec.
  8. Enfin, parce qu’Hélène Martin et Yvan Delage, le couple derrière la venue au monde de Charlevoix Pure Laine, ont littéralement sorti des sentiers battus il y a 11 ans pour récupérer, créer et transformer la laine.
Photo : Charlotte Paquet

« Si les Québécois ne le savent pas, ils ont sauvé beaucoup d’entreprises en achetant québécois (en 2020). On l’a vraiment vu. On se sentait très supportés là-dedans », souligne avec reconnaissance Hélène Martin, en référence à la première année de pandémie. On l’aperçoit avec Yvan Delage, son associé dans la vie comme en affaires dans Charlevoix Pure Laine.


6 bonnes raisons de visiter la Galerie d’art Iris

  1. Parce qu’elle est solidement ancrée dans son milieu après 35 ans d’existence.
  2. Parce que la qualité de son accueil fait sa réputation et qu’elle choisit son personnel en fonction de cet aspect qui lui est cher.
  3. Parce qu’elle expose les oeuvres de plusieurs peintres de renom, comme Guy Paquet, Stefan Horick et Jean-François Racine, entre autres.
  4. Parce qu’elle se dirige lentement vers le marché de la revente d’oeuvres.
  5. Parce que ses deux adresses sur la rue Saint-Jean-Baptiste et sa présence à l’hôtel Le Germain lui permettent de créer des ambiances différentes pour exposer encore plus de toiles.
  6. Parce que Stéphane Bouchard, copropriétaire, est d’avis « que plus il y a de galeries qui s’installent, plus on est content », en référence à la rue Saint-Jean-Baptiste où les galeries d’art et les ateliers galeries pullulent.
Photo : Charlotte Paquet

La Galerie d’art Iris a la réputation d’être une galerie accueillante, affirme son copropriétaire Stéphane Bouchard.


5 bonnes raisons de découvrir (ou redécouvrir) le Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul

  1. Pour l’exposition, Inventer la liberté qu’on y présente cet été avec les oeuvres de six grandes artistes, toutes des femmes importantes dans l’histoire de l’art au Québec, comme Marcelle Ferron.
  2. Pour Faire danser la matière, une deuxième exposition temporaire, cette fois-ci constituée des dessins, peintures et gravures de l’artiste Francine Simonin, décédée en 2020.
  3. Aussi pour son exposition permanente qui vaut le déplacement, ne serait-ce que par l’ode à la magnifique région de Charlevoix qu’elle propose, entre autres choses. Sur le thème Observer, elle raconte l’histoire de la collection acquise par le musée au fil des ans.
  4. Pour la 39e édition du Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul qui, 30 juillet au 29 août, réunira 12 artistes sous le thème Le temps et les choses. Les huit participants du Québec peindront sur place et les quatre de l’extérieur seront en formule virtuelle à partir de leur atelier.
  5. Et parce qu’il s’agit du seul musée d’art contemporain à l’est de Montréal.
Photo : Charlotte Paquet

Conservatrice au Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, Patricia Aubé promet de belles découvertes aux visiteurs.


De la cani-trottinette chez La Reine et le Millionnaire

À l’entrée est de Baie-Saint-Paul, du côté du rang Saint-Placide Nord, deux amoureux des chiens et du plein air sont réunis au sein de l’entreprise touristique La Reine et le Millionnaire. Leur produit de niche estival : la cani-trottinette. Une sorte de formule hybride entre le vélo et la trottinette, la cani-trottinette, une activité à la fois excitante et sportive offre l’occasion d’une randonnée dans la magnifique nature de Charlevoix, mais une randonnée différente.

Charlotte Pozzi et Alex Lavagne sont associés dans La Reine et le Millionnaire, un chenil de 36 chiens nordiques de race Husky et Alaskan, dont une visite guidée est proposée. Parents de deux jeunes enfants, ils se sont installés dans la région de Charlevoix en 2017, en provenance de Sacré-Coeur sur la Côte-Nord. C’est là-bas qu’ils ont développé l’activité de traîneau à chien en hiver. Ils ont d’ailleurs encore un ancrage dans cette région puisqu’ils possèdent l’auberge La Merveilleuse à Tadoussac.

 

Un bain de nature

Si la blanche saison apporte son lot d’adeptes de sorties en traîneau, l’été rime depuis trois ans avec les randonnées de cani-trottinette. « Nous, on est vraiment un vecteur pour ramener les gens à la nature, pour se reconnecter à la nature et on l’a vraiment vu pendant la pandémie », observe Charlotte Pozzi. Les personnes qui vivent l’expérience de la cani-trottinette en reviennent généralement enchantées. « Tout le monde sort de là en disant que c’est fabuleux, c’est extraordinaire et c’est puissant. C’est très puissant émotionnellement », assure la dame, en reconnaissant que pour s’élancer en cani-trottinette, ça demande tout de même « de te mettre un petit coup de pied aux fesses ». Alex Lavagne, qui agit comme guide lors des sorties, renchérit en parlant d’une aventure à vivre dans le plaisir. Selon lui, si plusieurs clients arrivent avec un peu d’appréhension et de stress, c’est avec un sentiment de dépassement de soi qu’ils repartent.

 

Aux petits soins

La meute de chiens de La Reine et le Millionnaire est traitée aux petits soins. Les deux partenaires placent leur bien-être au sommet de leurs priorités au quotidien. Les installations de l’entreprise leur assurent d’être à l’abri de la chaleur en été et de la froidure en hiver. Et pas question de sorties de cani-trottinette lorsque la température extérieure dépasse les 21 degrés Celsius. « S’il faut le faire de 7 h à 8 h, on le fait, puis après, c’est terminé », précise Charlotte Pozzi. « Si au milieu du tour, je vois qu’on dépasse 21 degrés, je ne pars pas », assure Alex Lavagne.

Photo : Charlotte Paquet
Photo : Charlotte Paquet

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