« Je me souviens encore très bien du moment où, en 1977, je suis arrivé pour la toute première fois sur les hauteurs de Baie-Saint-Paul, avec cette vue formidable sur la vallée, le fleuve et L’Isle-aux-Coudres droit devant. Un balcon sur l’océan qui m’a immédiatement rappelé le Chili, mon pays d’origine. Je suis tombé en amour sur-le-champ.

J’adore la vie de village. Les parties de pétanque à l’heure de l’apéro au Mouton Noir. Les virées au fleuve à bicyclette pour capturer la lumière; marcher jusqu’au boisé du Quai – ce théâtre ouvert sur le fleuve – et revenir par l’Allée des Petites-Franciscaines, à l’ombre des grands peupliers. Ce que j’aime de Charlevoix, c’est ça : cette diversité des paysages qui, de l’arrière-pays au fleuve en passant par ses parcs nationaux, en fait un décor de cinéma. Sans parler de sa diversité culturelle! Car Charlevoix est aussi une terre de convergence où se rencontrent maintenant Catalans, Bretons, Suisses, Belges et Chiliens qui, comme moi, sont venus s’installer, donner une couleur particulière au paysage et générer de nouvelles idées.

Souvent, c’est sur ma moto que je m’évade sur la Route du fleuve. Je m’offre le tour de L’Isle-aux-Coudres, je m’arrête à l’Hôtel du Capitaine pour entendre Caroline Desbiens chanter le fleuve de ses ancêtres marins ou à La Fascine, pour un spectacle de blues. L’hiver, j’adore les soupers entre amis autour d’une bonne table après une sortie en raquettes au parc de la rivière du Gouffre. Ce sont ces moments de rencontres entre la nature et l’humain qui font naître ici des états d’âme propices à la création ».